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Colloque "CriminElles"

Colloque 24-25 avril 2015 organisé par l’Institut de recherche en Langues et Littératures Européennes (ILLE – EA 4363)

CriminELLES

COLLOQUE INTERNATIONAL 

Université de Haute-Alsace (Mulhouse)

24-25 avril 2015

Campus de l'Illberg, Mulhouse

Organisé par l'ILLE ( EA 4363),

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Argumentaire

La culture grecque ancienne nous a certes légué un sanglant imaginaire du crime féminin : Médée sème les morceaux de son frère, Procné découpe et met à cuire ceux de son fils, Clytemnestre assassine son mari, Electre fait tuer sa mère. Plus près de nous, au XIXe siècle, la criminelle se diversifie, de la Chouette d’Eugène Sue à la belle Hauteclaire Stassin de Jules Barbey D’Aurevilly. L’intérêt romantique pour les bas-fonds, illustré dans la multiplication des mystères urbains, met en avant, à la suite d’une fiction anglaise placée sous le signe de De Quincey, une fascination pour le crime. Un intérêt répété aujourd’hui notamment par la culture populaire qui voit dans le crime un motif fictionnel performant. Il reste que, malgré le nombre des exemples possibles, le meurtre appelle traditionnellement le meurtrier, et l’assassinat, l’assassin, dans une vision restée androcentriste du crime. Celui-ci, pourtant, n’appartient pas qu’à un masculin qui s’arrogerait, contre le talent supposément féminin de la vie, celui de la mort. Devant cette répartition culturelle des tâches, le crime féminin finit par répondre au tabou culturel du ‘contre-nature’, comme si tuer au féminin était supérieur en horreur à tuer au masculin. C’est que le féminin ne bénéficie pas, en Occident en tout cas, de la banalisation offerte par l’art de la guerre.

« Pourquoi les femmes tuent ? », interroge Peter Vronsky. Ce colloque propose de réfléchir à la manière dont nous répondons, par la fiction, au crime féminin : avons-nous seulement besoin de nous créer des raisons (si oui, lesquelles ?) pour que femme tue ? Car certaines tuent sur un malentendu, comme le laisse entendre Camus. Axé sur une approche comparatiste et pluridisciplinaire, et prenant pour champ d’étude la culture contemporaine, cette manifestation souhaite interroger la manière dont l’avènement du féminisme et des gender studies nous conduit à un renouvellement de l’imaginaire du crime au féminin. La femme fatale qui, longtemps, accompagne le gangster (Michel Ciment, Le Crime à l’écran, 1992), est évacuée par la complice et femme d’action dont la fascination pour Bonnie Parker marque le succès. Pareillement, Thelma et Louise revisitent le road trip devant la caméra de Ridley Scott, Uma Thurman hyperbolise la vengeance féminine dans Kill Bill, les femmes pirates envahissent la fiction d’aventure, la fantasy et le fantastique multiplient les créatures assassines. Voleuses, tueuses, arnaqueuses, et outlaws en tous genres nous intéressent tant qu’elles permettent de questionner et de remettre en perspective notre rapport à une certaine idée du féminin.

Enfin, s’il s’agit bien d’étudier le devenir du crime au féminin, il convient également de s’enquérir de la manière dont le crime peut (ou non) se dire au féminin. La criminelle engage-t-elle une écriture particulière ? Pour les femmes comme pour les hommes ? Y a-t-il, dans le texte, une permissivité offerte par le motif du crime qui engendrerait, peut-être, le meurtre plus facile d’une langue sentie comme patriarcale ? Car un crime peut en cacher un autre, et son appropriation pourrait bien constituer un acte de désobéissance littéraire et sociale dont il nous revient de préciser la teneur, et les enjeux. Pour mieux comprendre quelles sont, aujourd’hui,  les criminelles dont nous rêvons/tremblons.

Lieu : Campus de l'Illberg - Mulhouse

Comité d’organisation et responsables du colloque :  Hélène Barthelmebs, Matthieu Freyheit et le bureau de l'ILLE

Comité scientifique :
Hélène Barthelmebs, Université Paul-Valéry – Montpellier 3
Isabelle Boof-Vermesse, Université Charles-de-Gaulle – Lille 3
Frédérique Chevillot, University of Denver
Maxime Del Fiol, Université Paul-Valéry – Montpellier 3
Matthieu Freyheit, Université de Lorraine
Laurence Kohn-Pireaux, Université de Lorraine
Greta Komur-Thilloy, Université de Haute-Alsace
Frédérique Toudoire-Surlapierre, Université de Haute-Alsace

Modalités de soumission et informations matérielles : Les propositions de communication, d’une trentaine de lignes, accompagnées d’une bibliographie indicative ainsi que d’une brève notice biographique, sont à envoyer à criminelles@gmail.com avant le 15 octobre 2014.

Frais d’inscription :
- communicants : 60 €
- doctorants : 40 €
- membres de l’Institut de langues et littératures européennes (ILLE 4363) : exemptés.
Ces frais couvriront l’hébergement, la restauration et la publication des actes du colloque. Sous réserve d’acceptation des articles, le colloque fera donc l’objet d’une publication.

Appel à communication

Programme du colloque

Affiche du colloque

Mise à jour avril 2015

image du jour
 

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