Spectatrices ! De l’Antiquité à nos jours

Spectatrices ! De l’Antiquité à nos jours, sous la direction de Véronique Lochert, Marie Bouhaïk-Gironès, Céline Candiard, Fabien Cavaillé, Jeanne-Marie Hostiou, Mélanie Traversier,Paris, CNRS Éditions, 2022.

Présentation :

Les femmes occupent une place continue dans le public du spectacle vivant depuis ses origines. Partis en quête des traces de cette présence, les auteurs ici réunis ont repéré les lieux et genres de spectacles que les femmes ont privilégiés, leurs emplacements dans les gradins et les salles, et tenté de retrouver leurs émotions, décantées des commentaires masculins.

Les spectatrices ont souvent été considérées comme soumises à leurs passions et dépourvues de toute distance critique. Elles ont été placées soit dans une position subalterne, reflétant leur place dans la société, soit aux premières loges, non pour leur offrir une qualité du regard mais pour permettre aux spectateurs de les voir et de scruter leurs robes et coiffes. Adversaires et défenseurs du théâtre ont débattu de la présence de ces femmes, les premiers la regrettant, tant cet art favoriserait des désirs illicites, les seconds la louant, les spectatrices devenant cette fois les garantes de la décence et de l’utilité du genre théâtral. Dans le même temps, la réception féminine a joué un rôle croissant dans les stratégies des auteurs et acteurs. En fonction de la période, du lieu, de leur appartenance sociale, les spectatrices ont pu jouir d’une plus ou moins grande liberté ; elles ont également usé de la scène comme d’un lieu d’émancipation, et ont parfois pris soin de laisser de leur expérience des témoignages directs.

Cette étude de grande ampleur permet de redonner à ces femmes une parole et une voix, un corps et des gestes, mais aussi des affects contrastés, de l’exaspération au plaisir.

Pour lire l’introduction et le sommaire : https://www.cnrseditions.fr/catalogue/histoire/spectatrices/

Erec et Enide. Chrétien de Troyes

La cour du roi Arthur réunit les meilleurs chevaliers autour de sa Table Ronde et de son couple de souverains. Mais comment garantir l’harmonie et la bonne entente parmi des guerriers qui revendiquent tous d’être le meilleur et l’ami de la plus belle ? Plutôt que de se poser en rival du roi, Erec, fils du roi Lac, place la jeune femme qu’il a conquise par sa bravoure dans l’orbe symbolique d’Arthur et de Guenièvre. Mais l’histoire ne s’arrête pas au mariage des deux jeunes gens, et c’est ensemble qu’Erec et Enide découvriront la Joie de la Cour.

Erec et Enide, que Chrétien de Troyes signe fièrement dans son prologue, est à plusieurs titres une œuvre inaugurale. Écrite sans doute vers 1170, elle marque le déploiement romanesque de l’univers arthurien, met au point les techniques du roman d’aventure et prend soin de se distinguer des productions contemporaines pour souligner la subtilité de son écriture.

Le lecteur d’aujourd’hui y retrouvera les éléments de la légende arthurienne qui lui sont devenus familiers mais il pourra également en apprécier la singularité. Même si l’ironie de Chrétien vient parfois appeler à une discrète distance, tout paraît encore possible, dans l’euphorie de disposer un monde riche d’histoires à venir : un mariage qui trouve le bonheur dans la durée, un jardin où le mot « joie » reprend sens, une cour où rois, chevaliers mais aussi artistes et poètes, peuvent trouver leur place, dans la célébration de fêtes qui soudent la communauté.

Le site de l’éditeur: https://www.honorechampion.com/fr/editions-honore-champion/12706-book-08096042-9782380960426.html

Le Banquet des Belles Lettres

Les serpents

Poèmes de la brèche

Ces poèmes, écrits depuis les tranchées, frappent comme des éclats d’obus : ils blessent, éclairent, réveillent. Ils disent les terribles souffrances et les modestes rêves des soldats. Ils capturent l’humanité des gens, révélant la beauté fragile de la vie même au cœur de la destruction.

Ils laissent une empreinte indélébile. Ils sont un testament littéraire. Maksym Kryvtsov, l’un des plus talentueux poètes ukrainiens de sa génération, est tombé pour sa patrie en janvier 2024, à l’âge de 33 ans.

Enrichi de ses photographies, de fac-similés de ses poèmes et de QR Codes permettant d’entendre la voix de l’auteur, ce recueil est un témoignage rare, à la fois intime et universel.

Un livre comme une brèche ouverte : sur la guerre, sur le monde, sur nous-mêmes — si nous osons regarder.

Nous étions là

« Pourquoi avons-nous besoin de poèmes ? Pour ne pas être seul…»

Tandis que les bombes pleuvent, que les soldats enterrent chaque jour de nouveaux camarades, que plus rien ne semble sacré si ce n’est les engins de mort… À quoi bon la poésie ?

C’est la question que soulève – et résout – chaque poème de ce recueil écrit au front, mais qui ne parle pas – directement – de la guerre.

Ces mots, glissés dans les interstices de la canonnade, témoignent de la dignité de ceux qui, dans leurs pires moments de déréliction, aiment plus qu’ils n’ont peur. De ceux qui étaient là, en Ukraine, et qui ne partiraient nulle part ailleurs.

Salué par le PEN Club ukrainien comme l’un des meilleurs livres de 2023, Nous étions là révèle une voix puissante et singulière : celle d’un poète, devenu soldat à 22 ans à peine.

 

(résumé copié de : https://www.editionsbleuetjaune.fr/product/nous-etions-la-artur-dron/)

Vraies couleurs et cultures

Cette anthologie interdisciplinaire examine la couleur en tant que phénomène reliant perception, culture et réalité matérielle.

S’appuyant sur la philosophie, les sciences cognitives, l’histoire de l’art, la littérature et les études culturelles, le volume remet en question les présupposés occidentalo-centriques sur l’universalité de la couleur, tout en explorant comment l’expérience chromatique est façonnée par des contextes linguistiques, historiques et incarnés.

Les contributions vont des investigations théoriques – critiquant la science newtonienne de la couleur et le système de l’observateur standard CIE pour leurs biais culturels, et examinant les ontologies chromatiques chinoises, persanes et européennes – aux analyses du symbolisme des couleurs dans l’iconographie médiévale, la peinture de Rembrandt, l’architecture iranienne et le cinéma contemporain. Le recueil aborde la couleur à travers des médias et des pratiques variés – récits d’esclaves et cinéma de la Shoah ; théorie des couleurs de Goethe et alchimie paracelsienne ; nanotechnologie plasmonique et patrimoine de la teinture textile; musique rap et haute couture. Par son cadre comparatif et interculturel, le volume démontre que la couleur n est ni purement subjective ni objectivement fixe, mais qu’elle émerge à travers des interactions dynamiques entre perception biologique, catégorisation culturelle et médiation technologique.

Les éditeurs soulignent que la couleur est un mode d’organisation du savoir, de mise en scène du désir et de rappel que la perception est toujours située — éthiquement, politiquement et historiquement.

La Réception d’André Gide en Italie

Le volume analyse la présence d’André Gide dans la presse italienne de 1895 à 1947. La lecture des articles, les sources directes (témoignages, lettres, journaux intimes, fonds d’archives) et les sources critiques reconstruisent le rapport de Gide avec l’Italie ainsi que la réception de ses œuvres.